UNE IDÉE DU FESTIVAL 2019


LE DUO
On ne s’étendra pas sur l’avantage du nombre DEUX dans différentes situations : complicité, complémentarité, adversité, émulation, dialogue, confrontation, écoute, fusion... Dans l’histoire du jazz, le duo a toujours une place marginale. Le format répondait à la règle section rythmique et soliste.
Les premiers duos étaient composés d’instruments dits «rythmiques» et d’instruments mélodiques ou de voix. Au fil de l’évolution, à partir de la révolution free des années 60, ces règles ont petit à petit explosé et on retrouve, dans les duos, toutes sortes d’associations d’instruments même les plus improbables pour une plus grande liberté. Au fil du concert, chaque musicien-ne est tour à tour soliste et accompagnant, le duo favorise l’écoute permanente, le dialogue et la rencontre et autorise toutes les audaces.
Nous avons, vous l’aurez compris, cette année à Luz, mis en avant ce format et ce, sous toutes ces formes : duos formés, rencontres spontanées.
Le duo Mette Rasmussen - Julien Desprez illustre parfaitement la liberté qu’offre ce format.
Tous deux grands improvisateurs et aguerris aux formes les plus expérimentales, ils explorent toutes les possibilités de sons « guitare saxophones » les plus folles.
Le duo Peter Brotzman- Heither Leigh repose lui un peu plus sur la forme soliste – rythmique.
On a bien là un modèle de complicité et d’écoute : le son étonnant de la guitare à pédales en acier et celui, incandescent du saxophoniste, se fondent  dans un mélange de douceur et de fulgurance.
Si le format voix guitare est des plus classiques dans l’histoire du jazz, il n’en est rien de l’audace créative du duo norvégien Sidsel Endresen -Stian Westherius, tant ils explorent chacun des territoires singuliers.
Pour le duo Noorg,  le travail d’Eric Brochard et Loïc Guénin en électronique et bruitisme se fondent totalement dans un travail sur la matière sonore pour un drone électroacoustique proche de l’univers rock noïse. .
Morgane Carnet, musicienne qui prend de plus en plus de place sur la jeune scène parisienne, sera présente à Luz avec l’Orchestre National de Jazz. Nous profitons là encore de sa présence pour faire découvrir son duo survitaminé Qonicho Ah! avec la batteuse Blanche Lafuente très active sur les scènes alternatives parisiennes.

Nous nous sommes amusés à créer un maillage par des duos « croisés », en profitant de la présence de certains musiciens sur la durée du festival. Ainsi, Julien Desprez va rencontrer le trompettiste portugais Luís Vicente, présent sur le festival avec son trio, pour un duo inédit, même si ces deux musiciens ont une grande complicité du fait de leur appartenance au même monde musical.
De même la jeune talentueuse percussionniste Camille Emaille, qui présentera un solo, rencontrera la saxophoniste norvégienne Mette Rasmussen. On se réjouit à l’avance de cette rencontre qui paraît presque évidente tant l’univers des deux musiciennes se rapproche.


LA PLACE DES MUSICIENNES ?
Aujourd’hui la question de la place des musiciennes dans le jazz, comme dans la musique en général, est devenue une question essentielle, à laquelle aucun programmateur ne peut plus se soustraire. Les réponses à apporter semblent à priori plutôt simples, avec pour seul objectif de  permettre à plus de musiciennes de se produire. Oui mais voilà, en réalité, au moment de choisir des projets musicaux, est-ce que le sexe des musiciens doit être un élément à prendre en compte ? Et doit-il l’être jusqu’au jour où nous accéderons, sans réflexion particulière, à la parité dans notre programmation ?  
Présenter ici des duos, homme-homme, homme-femme ou femme-femme, est en tout cas, pour nous, une occasion de continuer à nous questionner sur la place des musiciennes, notre contribution pour sensibiliser encore davantage à cette situation et œuvrer dans un sens qui permette de leur accorder une place plus importante.


L’ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ
La nomination d’un nouveau directeur de l’orchestre suscite toujours une grande curiosité. Frédéric Maurin arrive avec des idées nouvelles, sa vision du projet sur les quatre ans, des nouveaux musiciens et on a hâte de découvrir tout cela.
à Luz, nous sommes toujours à la recherche de surprises et de découvertes, le public du festival est lui aussi en demande d’aventures nouvelles. Du fait de cette spécificité de notre festival, l’équipe de l’ONJ a elle aussi envie de dévoiler son projet devant un public curieux. Le choix d’un hommage à Ornette Coleman pour le premier programme n’a fait, bien sûr, que renforcer l’envie de découvrir ce nouvel ONJ.
Et lorsqu’on y ajoute le saxophoniste américain Tim Berne en invité spécial, alors là…. !

LA THÉMATIQUE
Nous essayons depuis quelques années de porter un regard sur une pratique proche du jazz et de la musique improvisée ; nous avons décidé cette année de faire un clin d’œil aux musiques traditionnelles régionales. Cantonnée pendant de nombreuses années au cercle des puristes et autres militants, cette pratique a retrouvé depuis quelques années une dynamique auprès de jeunes musiciens et aussi retrouvé un public plus curieux que rigoriste. Les jeunes musiciens amènent beaucoup de liberté dans cette pratique et n’hésitent pas à la croiser avec du jazz, des musiques drones et de l’électro. On retrouve maintenant dans des soirées alternatives des mélanges de bourrée, rondo et de danse improvisée ou de transe.
Le collectif « la Nòvia » basé dans le Massif Central, initié par le vielliste Yan Gourdon, est un des principaux porteurs de cette nouvelle tendance. Héritiers d’une culture fortement ancrée dans leur territoire, ils ont amené un vent de fraîcheur au monde occitan en allant chercher des nouveaux publics et en amenant sur chacun de ces projets une note personnelle.
On les retrouvera à Luz avec le groupe la « Baracande » autour du chanteur Basile Brémaud mais aussi pour 2 bals : un en journée pour les jeunes pousses luzéennes et un autre, le dernier soir, au verger, avec le PuechGourdon pour un pas de danse contrôlé ou improvisé avec les festivaliers.
Dans cette thématique, nous retrouverons Luna Rossa avec l’étonnante chanteuse Mélanie Fossier qui revisite quelques airs traditionnels façon lyrique, scaté avec son compère Rémi Tatard, aguerri aux musiques occitanes. On la retrouvera également dans le cadre de la balade avec son compère basque Luc Fagoaga pour une toute nouvelle création vocale de Berezko.
Le duo AEDES du collectif Hart Brut , lui aussi partie prenante dans ce renouveau de la musique traditionnelle, présentera un répertoire de chants polyphoniques intimistes .

LE MONDE ALTERNATIF
Deux mondes distincts et pourtant proches musicalement se côtoient de façon assez nette dans le jazz en France : le monde « officiel », celui des festivals, des scènes de jazz, des scènes nationales et le monde alternatif, de plus en plus vivant et conséquent surtout chez les urbains. Il y a bien sûr encore très peu d’interconnexion entre les deux publics, par contre on voit beaucoup de jeunes musiciens alterner entre ces deux mondes aux économies très différentes.
Il nous semble essentiel en tout cas de garder en permanence un œil sur ce phénomène qui permet l’éclosion de pépites mais aussi d’espérer un renouvellement à terme du public jazz.
Certains musiciens de talent n’ont pas accès, ou très peu, aux grandes scènes jazz ; c’est le cas par exemple du trompettiste portuguais Luís Vicente sur les scènes françaises. Il se produit très souvent en France sur ces fameuses scènes alternatives. Il nous a paru important de lui donner la place qu’il mérite. Il se produira avec deux musiciens belge et néerlandais Onno Govaert et Seppe Gebruers sur la grande scène. C’est le cas également du duo Qonicho Ah!.

LE PROJET FOU ET IMPROBABLE
Il y a traditionnellement chaque année à Luz un projet qui bouscule les règles du concept classique de concert, un projet qui met en nage l’équipe technique du festival. Nous avons invité cette année le collectif Coax, pour un spectacle immersif entre vidéo et musique où chaque musicien interprète sa vision d’images (projetées sur plusieurs écrans) du Brésil sous tous ses aspects, allant de la classique bossa nova à la version déjantée de Terry Gillian. Un spectacle total, improbable et surprenant qui dépasse très largement le concept du simple concert et même du simple ciné-concert.

LA VIE
Luz ne serait pas Luz s’il n’y avait pas ces moments conviviaux. Ces moments bucoliques, festifs, dance floor, apéro -concerts, rencontres gastronomiques, noïse nocturnes.
Les fanfares Merversible, des Lions pour des lions, les «underground» Za!, Facteur sauvage, Moop et aussi le beatboxer et slameur Napoleon Maddox que nous aurons plaisir à retrouver à Luz avec le groupe Bat Fat featuring Napoleon Maddox, vont chacun dans un créneau différent amener leur contribution à cet équilibre vital.

Jean-Pierre Layrac

 

ÉDITO 2019 COMMUNAUTÉ DE COMMUNES PYRÉNÉES VALLÉES DES GAVES


Le Festival Jazz à Luz nous invite pour sa 29ème édition. Ses organisateurs ont concocté un nouveau programme de qualité et de découverte. Il nous amènera de lieu en lieu, habituel, insolite, ouvert, intimiste aussi bien en Pays Toy que sur le territoire valléen. Le jazz résonnera sous toutes ses formes ainsi, durant de nombreux jours et il enchantera les festivaliers.
Les élus de la Communauté de Communes Pyrénées Vallées des Gaves apportent leur soutien à ce festival de référence qui contribue, année après année, à enrichir l’offre culturelle. Il permet d’accéder à des spectacles de qualité et originaux, tout en mettant en valeur la destination touristique, l’offre gastronomique à base de produits locaux et le patrimoine naturel.
Je félicite l’ensemble des équipes - salariés et bénévoles - qui œuvrent toute l’année ainsi que les nombreux partenaires institutionnels, les soutiens publics et privés qui permettent au festival de se renouveler pour notre grand plaisir.
 
Bienvenue en Pyrénées Vallées des Gaves et très bon festival à toutes et tous.


Noël PEREIRA DA CUNHA
Président de la Communauté de Communes Pyrénées Vallées des Gaves

 

ÉDITO 2019 MAIRIE DE LUZ-SAINT-SAUVEUR


Pour la 29ème fois, le Festival Jazz à Luz nous aide à démarrer la saison estivale dans la vallée et je tiens à saluer toute une équipe pour cet engagement de long terme. Cette année, les organisateurs ont décidé de mettre le Duo à l’honneur, c’est pourquoi nous pouvons d’ores et déjà imaginer que de beaux dialogues musicaux auront lieu, plus ou moins fusionnels, visant à animer nos journées et soirées.
Je suis particulièrement heureux que nous organisions aussi une inauguration « en Duo ». En effet, l’équipe de Jazz Pyr’ a aimablement accepté de combiner l’ouverture du festival 2019, le vendredi 12 juillet, avec l’inauguration municipale de la promenade du Bastan, qui est en train de devenir le symbole du bien vivre à Luz.  
Je tiens à souhaiter la bienvenue à tous les festivaliers et un très beau festival, plein de joies et de surprises.


Merci à toutes et à tous pour votre fidélité.


Laurent Grandsimon
Maire de Luz-Saint-Sauveur