ÉDITO FESTIVAL 2018


 

En 2015 nous exprimions notre ténacité quand à notre liberté d’expression, et on se disait que la retraite n’était pas pour demain. En 2016 l’urgence était de se la jouer collectif. L’an passé nous relevions le poing face à l’incertitude de la future politique culturelle...

Cette année, et malgré tout ce qui a été mis en œuvre depuis 28 ans, nous voilà face au mur, pourquoi vous le cacher ? Ce que nous craignons semble arriver : diminution ou suppression de tout ou partie des subventions dédiées à la création artistique et aux actions culturelles, nous nous demandons encore si nous allons faire partie de la charrette.

Le néolibéralisme touche aussi la Culture ! De nouveaux procédés sont à l’œuvre avec à l’avenir des « produits culturels » prêts à être consommer, sans odeur de sens, sans saveur de créativité, sans le goût des autres… Ils signeront à terme la fin de nombre d’événements culturels, et nos vallées ne seront pas à l’abri.

Comme le disait si justement Lucie Aubrac, nous en sommes à conjuguer le verbe résister au présent, chaque jour qui passe, il y a tant à faire ! Il faut être partout, avec nos forces encore vives, mais pour combien de temps ? Parer au plus urgent. Continuer une énième édition du festival. La dernière ? Peut-être.

Dès maintenant réfléchir à ce que sera l’après, pour maintenir l’emploi de nos salariés, pour continuer à construire un projet culturel de territoire qui se maintienne à notre degré d’exigence qui n’a pas failli depuis 28 ans : « Faire le pari de l’étonnement ».

Alors oui les réunions de préparation de cette édition ont été chargées, lourdes de combats et d’incertitudes, mais également remplies de détermination et de défis, avec des chantiers aussi fous qu’osés, on ne vous en dit pas plus, vous constaterez cela par vous-même !

Les sons dessineront cette édition, car à l’origine étaient les vibrations... Ce que nous espérons c’est que vous ressentiez celles de ce festival 2018, au diapason des battements de cœur de toute l’équipe qui l’a construit.

 

 

L’association Jazz Pyr’

 

 

UNE IDÉE DU FESTIVAL 2018


Croisements, rencontres, mariages

 

De tout temps on a essayé de ranger les musiques de jazz dans des compartiments; de tout temps des musiciens ont essayé de sortir de ces cases; des musiciens qui n’ ont cessé de s’ acoquiner avec d’ autres musiques, de créer des nouveaux styles… aujourd'hui, on continue toujours à vouloir enfermer chacun dans un tiroir.

Les nouvelles générations de musiciens ont naturellement fait exploser cette compartimentation et les rigoristes ont de plus en plus de mal à continuer le travail de «triage».

 

Notre édition 2018 tentera d’illustrer cette volonté de croisements, de mélanges, d’unions libres, d’universalité... mais aussi de mariages d’amour.

 

LE GRAND SBAM est un exemple de ce mélange avec des musiciens en son sein venant d’univers aussi différents que la musique contemporaine, la musique classique, la musique traditionnelle, le jazz et même le rock. Le résultat est évidemment une musique inclassable, avec cette volonté très nette de surprendre et surtout de n’ appartenir à aucune famille.

 

Notre création «KILL YOUR IDOLS» va célébrer le mariage entre le trio free-punk toulousain NO NOISE NO REDUCTIONS et le non moins free punk quartet bourguignon LES BAMPOTS ; un mariage des plus naturels tant leurs envie d’amener le jazz débridé sur les chemins de la punk musique est commune. C’est la musique de Sonic Youth qui va les rassembler.

 

Le festival de Queyssac «ÉCOUTER POUR L’INSTANT» propose depuis quelques années des rencontres inédites entre musiciens sur le terrain de l’improvisation; un travail qui repose sur l’écoute au fil des rencontres; nous avons demandé à Toma Gouband, initiateur et agitateur de ce festival, de prolonger ce travail sur Jazz à Luz 2018, en investissant à sa façon et avec l’équipe artistique de son choix, les lieux et l’espace du Pays Toy.

 

IANA est la rencontre de deux immenses pianistes, pour le coup aux univers très proches, même si leurs parcours diffèrent. Leur goût de la fulgurance, l’énergie et l’audace donnent un mélange des plus explosifs et étonnants.

 

Chaque année nous aimons faire un clin d’œil à une pratique artistique qui aime s’acoquiner avec la pratique de l’improvisation musicale; en 2018, nous allons nous intéresser au dessin avec les projets suivants :

 

CE QUI TREMBLE ET BRILLE AU FOND DE LA NUIT NOIRE”, un projet du violoncelliste Gaspar Claus qui rencontrera le dessin “In vivo” de François Olislaeger pour une plongée dans un monde magique et poétique.

LE POÈME DES POÈMES” (Chant d’Amour) traduit du Cantique des cantiques par Olivier Cadiot et Michel Berder, mélange musique improvisée, texte et improvisation graphique en direct, avec Heidi Brouzeng à la voix, Vincent Fortemps aux dessins et Aude Romary au violoncelle.

 

Le trio BEK cherche à créer dans l’instant un échange évolutif et interactif entre trois entités vibrantes : l’acoustique du piano de Betty Hovette, le corps du peintre de Karine Sancerry et la diffusion acousmatique de la captation sonore mixée d’ Emilie Mousset.


Il y aura aussi, le trompettiste américain Peter Evans avec son trio PULVERIZE THE SOUND, qui explorera l’espace d’un concert tout ce qui est techniquement possible de faire avec une trompette, du phrasé le plus jazz au bruitisme noïse le plus exacerbé. Là aussi, les étiquettes voleront !

 

DER VERBOTEN est le troisième volet du projet “Treffpunkt” quartet à géométrie mobile formé autour d’un binôme fixe : l’altiste Frantz Loriot et le pianiste Cédric Piromalli.

 

Nous retrouverons ces mélanges tout au long du festival, avec le rock hybride antillais de FRANCKY GOES TO POINTE A PITRE, le mélange du lyrique et du flamenco du groupe VUELTA A LA FUENTE d’Alain Fourtine ; le drone noïse de MANGE FERRAILLE ou métal de ROUE LIBRE; le caribéen débridé de LORD RECTANGLE ; l’afro-latin-Noïse de la fanfare de poche toulousaine ÉDREDON SENSIBLE ou encore l’approche brass de l’afro-Beat de BABAYAGA… mais aussi ça et là des instantanés de croqueurs et de dessinateurs de BD, tout cela bien sûr au travers de moments d’écoute, de folie festive, de douceur bucolique mais surtout de moments de partage et de belles rencontres improvisées.

 

 

 

Jean-Pierre Layrac

Président de l’association Jazz Pyr’

 

ÉDITO FESTIVAL 2018


 

En 2015 nous exprimions notre ténacité quand à notre liberté d’expression, et on se disait que la retraite n’était pas pour demain. En 2016 l’urgence était de se la jouer collectif. L’an passé nous relevions le poing face à l’incertitude de la future politique culturelle...

Cette année, et malgré tout ce qui a été mis en œuvre depuis 28 ans, nous voilà face au mur, pourquoi vous le cacher ? Ce que nous craignons semble arriver : diminution ou suppression de tout ou partie des subventions dédiées à la création artistique et aux actions culturelles, nous nous demandons encore si nous allons faire partie de la charrette.

Le néolibéralisme touche aussi la Culture ! De nouveaux procédés sont à l’œuvre avec à l’avenir des « produits culturels » prêts à être consommer, sans odeur de sens, sans saveur de créativité, sans le goût des autres… Ils signeront à terme la fin de nombre d’événements culturels, et nos vallées ne seront pas à l’abri.

Comme le disait si justement Lucie Aubrac, nous en sommes à conjuguer le verbe résister au présent, chaque jour qui passe, il y a tant à faire ! Il faut être partout, avec nos forces encore vives, mais pour combien de temps ? Parer au plus urgent. Continuer une énième édition du festival. La dernière ? Peut-être.

Dès maintenant réfléchir à ce que sera l’après, pour maintenir l’emploi de nos salariés, pour continuer à construire un projet culturel de territoire qui se maintienne à notre degré d’exigence qui n’a pas failli depuis 28 ans : « Faire le pari de l’étonnement ».

Alors oui les réunions de préparation de cette édition ont été chargées, lourdes de combats et d’incertitudes, mais également remplies de détermination et de défis, avec des chantiers aussi fous qu’osés, on ne vous en dit pas plus, vous constaterez cela par vous-même !

Les sons dessineront cette édition, car à l’origine étaient les vibrations... Ce que nous espérons c’est que vous ressentiez celles de ce festival 2018, au diapason des battements de cœur de toute l’équipe qui l’a construit.

 

 

L’association Jazz Pyr’

 

 

UNE IDÉE DU FESTIVAL 2018


Croisements, rencontres, mariages

 

De tout temps on a essayé de ranger les musiques de jazz dans des compartiments; de tout temps des musiciens ont essayé de sortir de ces cases; des musiciens qui n’ ont cessé de s’ acoquiner avec d’ autres musiques, de créer des nouveaux styles… aujourd'hui, on continue toujours à vouloir enfermer chacun dans un tiroir.

Les nouvelles générations de musiciens ont naturellement fait exploser cette compartimentation et les rigoristes ont de plus en plus de mal à continuer le travail de «triage».

 

Notre édition 2018 tentera d’illustrer cette volonté de croisements, de mélanges, d’unions libres, d’universalité... mais aussi de mariages d’amour.

 

LE GRAND SBAM est un exemple de ce mélange avec des musiciens en son sein venant d’univers aussi différents que la musique contemporaine, la musique classique, la musique traditionnelle, le jazz et même le rock. Le résultat est évidemment une musique inclassable, avec cette volonté très nette de surprendre et surtout de n’ appartenir à aucune famille.

 

Notre création «KILL YOUR IDOLS» va célébrer le mariage entre le trio free-punk toulousain NO NOISE NO REDUCTIONS et le non moins free punk quartet bourguignon LES BAMPOTS ; un mariage des plus naturels tant leurs envie d’amener le jazz débridé sur les chemins de la punk musique est commune. C’est la musique de Sonic Youth qui va les rassembler.

 

Le festival de Queyssac «ÉCOUTER POUR L’INSTANT» propose depuis quelques années des rencontres inédites entre musiciens sur le terrain de l’improvisation; un travail qui repose sur l’écoute au fil des rencontres; nous avons demandé à Toma Gouband, initiateur et agitateur de ce festival, de prolonger ce travail sur Jazz à Luz 2018, en investissant à sa façon et avec l’équipe artistique de son choix, les lieux et l’espace du Pays Toy.

 

IANA est la rencontre de deux immenses pianistes, pour le coup aux univers très proches, même si leurs parcours diffèrent. Leur goût de la fulgurance, l’énergie et l’audace donnent un mélange des plus explosifs et étonnants.

 

Chaque année nous aimons faire un clin d’œil à une pratique artistique qui aime s’acoquiner avec la pratique de l’improvisation musicale; en 2018, nous allons nous intéresser au dessin avec les projets suivants :

 

CE QUI TREMBLE ET BRILLE AU FOND DE LA NUIT NOIRE”, un projet du violoncelliste Gaspar Claus qui rencontrera le dessin “In vivo” de François Olislaeger pour une plongée dans un monde magique et poétique.

LE POÈME DES POÈMES” (Chant d’Amour) traduit du Cantique des cantiques par Olivier Cadiot et Michel Berder, mélange musique improvisée, texte et improvisation graphique en direct, avec Heidi Brouzeng à la voix, Vincent Fortemps aux dessins et Aude Romary au violoncelle.

 

Le trio BEK cherche à créer dans l’instant un échange évolutif et interactif entre trois entités vibrantes : l’acoustique du piano de Betty Hovette, le corps du peintre de Karine Sancerry et la diffusion acousmatique de la captation sonore mixée d’ Emilie Mousset.


Il y aura aussi, le trompettiste américain Peter Evans avec son trio PULVERIZE THE SOUND, qui explorera l’espace d’un concert tout ce qui est techniquement possible de faire avec une trompette, du phrasé le plus jazz au bruitisme noïse le plus exacerbé. Là aussi, les étiquettes voleront !

 

DER VERBOTEN est le troisième volet du projet “Treffpunkt” quartet à géométrie mobile formé autour d’un binôme fixe : l’altiste Frantz Loriot et le pianiste Cédric Piromalli.

 

Nous retrouverons ces mélanges tout au long du festival, avec le rock hybride antillais de FRANCKY GOES TO POINTE A PITRE, le mélange du lyrique et du flamenco du groupe VUELTA A LA FUENTE d’Alain Fourtine ; le drone noïse de MANGE FERRAILLE ou métal de ROUE LIBRE; le caribéen débridé de LORD RECTANGLE ; l’afro-latin-Noïse de la fanfare de poche toulousaine ÉDREDON SENSIBLE ou encore l’approche brass de l’afro-Beat de BABAYAGA… mais aussi ça et là des instantanés de croqueurs et de dessinateurs de BD, tout cela bien sûr au travers de moments d’écoute, de folie festive, de douceur bucolique mais surtout de moments de partage et de belles rencontres improvisées.

 

 

 

Jean-Pierre Layrac

Président de l’association Jazz Pyr’